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Les Romantiques ont rédigé des drames, comme les Classiques avaient écrit des comédies ou des tragédies. On se souvient que le drame romantique est né de la critique de ces formes théâtrales, au premier chef des règles, accusées d'aliéner la liberté du créateur. Et on croit que lorsqu'on a dit que le drame romantique est une sorte de genre hybride, un peu de tragédie et de comédie mêlée, on a tout dit. C'est là que le livre d'Anne Ubersfeld est précieux. Elle rappelle d'abord que la révolution du drame est antérieure à la période romantique: c'est le drame bourgeois, au XVIIIème siècle, autour de théoriciens et d'écrivains tels que Diderot, Beaumarchais, Louis-Sébastien Mercier, qui, reprochant au théâtre classique de ne pas être la forme adéquate à la représentation des Temps Modernes, a inventé cette forme intermédiaire, dont la caractéristique est justement d'être actuelle.
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