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Les Pérégrins, roman baroque, souvent proche du documentaire, se lit comme on explore une ruche : en passant d'une alvéole à l'autre, de l'histoire de Kunicki, dont la femme et l'enfant ont disparu, croit-il, au cours d'une balade sur une île, à celle du docteur Blau, spécialiste de la plastination des tissus humains ; en sautant d'une salle d'aéroport au métro de Moscou ; de la diligence qui emporte vers Varsovie le coeur de Chopin (prélevé après sa mort) au crâne d'un vieil homme victime d'une hémorragie cérébrale, le sang inondant d'un même mouvement la cervelle et la mémoire d'une vie - souvenirs des livres aimés, des villes visitées, des gares et des aéroports traversés... Le corps et l'âme, en somme.
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